13.12.2010

De vrais mensonges (Pierre Salvadori, 2010) ■■■■

Encore une confirmation du grand talent de Pierre Salvadori !

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Titre : De vrais mensonges
Réalisateur :
Pierre Salvadori
Année :
2010
Acteurs :
Audrey Tautou, Sami Bouajila, Nathalie Baye 
Genre :
Comédie
Durée :
90 minutes

 

 

Jean travaille chez Emilie en tant qu'homme à tout faire malgré un parcours universitaire des plus impressionnants. Il est secrètement amoureux de la jeune fille et lui envoie une lettre anonyme pour lui déclamer son amour. Emilie la déchire mais utilise cette lettre pour faire croire à sa maman dépressive qu'un homme la convoite.

Depuis le très bon Arnacoeur, on se lassait un peu des comédies françaises. Pierre Salvadori, réalisateur émérite (Hors de prix, Après vous), nous propose une comédie qui reste très proche de ses précédentes. Il joue sur les quiproquos, les faux semblants, vaudevillesques, et lorgne probablement sur l’œuvre de Marivaux. Mais Salvadori nous surprend une nouvelle fois avec cette comédie savoureuse. Dés le début du film, l’amour platonique de Jean pour Emilie est brillamment définie : Jean doit remplacer des vitraux de différentes couleurs et espionne Emilie au travers de ceux-ci. A chaque passage devant l’une ou l’autre couleur correspond un sentiment précis que le personnage exprime.

C’est plutôt difficile d’expliquer les différentes trouvailles de Salvadori sans spoiler le film mais on pouffe à nouveau de rire lorsqu’on voit qu’Emilie jette la lettre de Jean sous ses yeux (elle ne sait pas qu’il en est l’auteur), lui demandant de surcroît de la jeter dans la poubelle. Sami Bouajila, que je ne connaissais, livre une performance remarquable … parfait dans le rôle du timoré, admirateur passif. Audrey Tautou nous prouve qu’elle peut jouer dans des registres assez variés (Le Fabuleux destin d’Amélie Poulain, Un Long Dimanche de fiançailles, Hors de prix). N’oublions pas Nathalie Baye, une sexagénaire qui oublie difficilement le grand amour de sa vie, tantôt manipulatrice, tantôt bienveillante. Vous découvrirez aussi une actrice étonnante, inconnue dans le paysage audiovisuel français : Judith Chemla. Elle joue le rôle de la candide toujours dépassée par les évènements.

10.12.2010

A bout portant (2010, Fred Cavayé) ■■□□

A-bout-portant-affiche.jpgTitre : A bout portant
Réalisateur :
Fred Cavayé
Année :
2010
Acteurs :
Gilles Lellouche, Roschdy Zem, Gérard Lanvin 
Genre :
Thriller / Policier
Durée :
95 minutes

 


Samuel et Nadia emménagent dans leur nouvel appartement. Alors que Samuel sauve un homme qui risquait de se faire assassiner à l’hôpital, il devient soudainement un homme très recherché par les services de police français.

Lorsqu’on évoque à bout portant, on parle souvent de thriller américain. Il est vrai qu’à bout portant est porté par un duo d’acteurs particulièrement convaincant : Gilles Lellouche très bon dans le rôle du monsieur tout-le-monde embarqué malgré lui dans une course poursuite haletante et Roschdy Zem époustouflant dans le rôle de ce faux méchant. La BO composée par Klaus Badelt crée aussi une atmosphère digne des majors. Une chose est certaine, Fred Cavayé a revu ses classiques et tous les codes du thriller sont empruntés de manière convaincante (travelling puis zoom via un cut, effet de flou sur l’entrée d’un personnage menaçant).

Toutefois, je trouve que le film lorgne plus sur ses prédécesseurs que sur thrillers américains. Au final, on n’est pas très loin de 36, quai des orfèvres à quelques notes près. Je reproche en particulier le fait que Fred Cavayé arrive complètement à provoquer l’empathie pour ses principaux protagonistes alors que les antagonistes ont un petit côté Maman, j’ai raté l’avion très grand guignolesque (toujours en train de courir en vain). Jamais le suspense n’est relancé par un hypothétique ascendant de la police sur les protagonistes. Alors oui, Cavayé recadre son sujet via des extraits radios ou télévisés pour expliquer que Samuel est en fuite … Ficelle, par ailleurs, tellement usitée qu’elle finit par se briser et nous perdre par moments par la même occasion. Bref, Cavayé a certes donné une certaine densité à ses personnages principaux mais ceux-ci souffrent malgré eux de l’absence d’un ennemi de poids. Pour certains, il suffit d’avoir le regard impénétrable de Gérard Lanvin pour croire en l’omnipotence de l’antagoniste. Mais il faut reconnaître la qualité de certaines séquences comme celle de la poursuite dans le métro ou encore celle durant laquelle on voit une multitude de délits simultanés sur les écrans de contrôle.

Une belle surprise mais on reste malgré tout un peu sur sa faim …

20.11.2010

Potiche (François Ozon, 2010) ■□□□

Jamais un titre ne fût plus révélateur de son contenu !

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Titre : Potiche
Réalisateur :
François Ozon
Année :
2010
Acteurs :
Catherine Deneuve, Fabrice Luchini, Gérard Depardieu, Jérémy Renier   
Genre :
Comédie
Durée :
103 minutes

 

 

 

L’histoire d’une famille dont le mari est patron, la femme potiche. Le syndicat des ouvriers revendique ses droits. Le patron est alors frappé d’incapacité et cède la place à sa femme qui redresse l’entreprise et.

En voyant l’affiche de Potiche. Vous vous demandez si le film sera à l’image de son titre ou de son réalisateur (François Ozon et l’excellent Huit femmes). Après 1h30 pénibles, il semble que ce soit le titre qui se révèle le plus indicatif sur la valeur même du film. Car ne serait-il pas lui-même la potiche de la comédie française ? Potiche, c’est l’histoire d’un mari frappé d’incapacité qui laisse sa femme, Catherine Deneuve, prendre les rênes. Comble de l’inattendu (pour peu qu’on n’ait jamais vu une comédie du genre), elle se révèle des plus compétentes et permet à l’entreprise de se dépêtrer des marasmes économiques. Fabrice Luchini (le patron) est évidemment lié à sa secrétaire. La première séquence du film montre une Deneuve naïve qui se délecte de l’observation des petits écureuils, etc. On se dit que le fantôme de Chantal Goya, encore que cette séquence nous fait sourire.  

Vous esquisserez sans doute 3-4 sourires tout au long du film. Mais il n’y a pas là de quoi sauter au rideau. Gageons malgré tout que Deneuve se débrouille particulièrement bien dans le rôle de cette cruche érigée en patronne. Le passage où elle révèle ses infidélités s’avère être très comique. Alors qu’un ami dit à un figurant belge qu’il l’a aperçu dans Potiche, celui-ci répond : « Ah bon, tu ne t’étais pas encore endormi ? ». Moi si …