08.05.2009
De l'assassinat comme un des beaux-arts (Thomas De Quincey, 1827)
L’apologie du meurtre ?!

- Poche
- Editeur : Gallimard (2 mai 2002)
- Collection : L'Imaginaire
- Langue : Français
- Titre : De l'assassinat comme un des beaux-arts
- Auteur : Thomas De Quincey
Souvent dans des périodes tumultueuses comme la recrudescence de violence de cette dernière décennie, on oublie de songer au fait que ce n’est là qu’un retour à la normalité ou du moins, en considérant l’ensemble de l’histoire, le cas de la violence moderne n’est pas singulier et atypique et sa profusion de barbarie est loin de dépasser celle dont on fait preuve maints conquérants et tyrans. Ainsi dans notre société, chaque meurtre est vécu comme un drame pour ceux qui survivent au mort. C’est là qu’il est étonnant de lire Thomas de Quincey (Confessions of an English Opium Eater), auteur subversif qui envisage de reconsidérer chaque meurtre/tentative de meurtre qui ont marqué l’histoire mondial.
Il commence donc par évoquer le sauvetage de Descartes alors qu’il se trouvait sur un bateau rempli de criminels, celui-ci en a pris un en otage pour ne pas se faire attaquer par les autres. Ensuite, le récit se transforme en une sorte de panégyrique pro criminel. L’auteur considère de fait que malgré le caractère dramatique et affligeant du meurtre, il n’est pas interdit d’ouvrir ses yeux ou ses oreilles lorsqu’un survient. Pour lui, les meurtres non élucidés ont d’autant plus des caractéristiques tout à fait remarquables. Il procède donc par une sorte de flagornerie malsaine où la tendance habituelle voudrait que l’on entre dans une sorte de victimisation comme le veulent les productions actuelles mais c’est loin d’être le cas …
Par la suite, il s’étonnera de n’avoir pas vu Locke et surtout Hobbes se faire assassiner tant ces deux perturbateurs ont bousculé les pouvoirs politiques en leur temps. Il évoquera le cas de Kant qui est d’autant plus spécifique qu’un autre homme s’est fait assassiner à sa place, De Quincey y voit la marque d’un criminel talentueux qui n’a pas voulu céder à la simplicité d’un meurtre « donné » et porté sur un vieillard sénile sans défenses.
Lorsqu'on voit une telle violence et de plus défendue avec autant de zèle, il ne faut pas oublier de recadrer ce livre dans une perspective historique. Période durant laquelle les guerres napoléoniennes témoignent d'une rare violence. C'est le siècle de l'arme-à-feu, du début des massacres massifs d'une rapidité aussi efficiente. De Quincey s'oppose sans doute à sa manière à ses massacres collectifs de sorte à reconnaître la particularité de certains !
11:14 Publié dans Quincey (De) Thomas | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : thomas de quincey, de l'assassinat comme un des beaux-arts



Commentaires
Ça pourrait s'avérer très intéressant. Je ne connaissais pas ce bouquin.
Mais tu crois à « la recrudescence de violence de cette dernière décennie »?
Je n'y vois pas une..
Ecrit par : alex | 13.05.2009
En fait, je ne crois pas vraiment qu'il y ait augmentation en tant que telle même si les meurtres massifs sont plus nombreux. Je crois que ce qui dérange surtout, c'est la nature, le massacre de Columbine etc ..., on était habitué de voir des attentats pour défendre une idéologie/un groupe et maintenant, on voit de plus en plus d'actes isolés et sans motifs légitimes. Donc d'une part, il est désormais impossible de localiser la menace (ça peut tout aussi bien arriver dans des pays comme la Belgique où c'est très rare) et ça peut survenir n'importe quand (donc il ne faut même plus attendre une réaction à un fait) et je crois que c'est à la fois par la violence, la rapidité et la quantité de morts que la violence moderne se démarque même si je l'ai dit, ça n'a rien de comparable à une guerre ...
Ecrit par : alucas | 13.05.2009
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