29.06.2009
Soumission à l’autorité (Stanley Milgram, 1963)

- Broché: 270 pages
- Editeur : Calmann-Lévy; Édition : [2e éd.] (1 avril 1994)
- Collection : Liberté de l'esprit
- Langue : Français
- Titre : Soumission à l'autorité
- Auteur : Stanley Milgram
« Une personne vient dans un laboratoire de psychologie où on la prie d’exécuter une série d’actions qui vont entrer progressivement en conflit avec sa conscience. La question est de savoir jusqu’à quel point précis elle suivra les instructions de l’expérimentateur avant de se refuser à exécuter les actions prescrites.» Milgram a mis au point une stratégie qui puisse expliquer le comportement des nazis lors de la seconde guerre mondiale. Par ailleurs, Hobbes affirmait que la responsabilité de l’acte revenait non pas à l’exécutant mais plutôt à l’instigateur. Le but du livre de Milgram est de prouver comment une personne peut en venir à se soumettre à l’autorité, quels sont les moyens privilégiés qui entraînent une soumission plus rapide et inversement …
Parmi les trois facteurs qui favorisent la coercition : Il y a une idée de maintenance qui s’applique par la politesse et une sorte de conditionnement (si l’exécutant est déshumanisé par la torture, il n’en reste pas moins louangé par l’autorité), l’adaptation est privilégiée pour ôter au sujet toute forme de révolte (« Etes-vous sûr que cela est sans dangers ? Il n’y a aucun risque de lésion permanente … Continuez !!! »). Et enfin, les expérimentateurs savent très bien que les gens veulent se montrer à la hauteur et suivent pour cela les ordres à la lettre.
Beaucoup expliquent durant cette expérience que l’expérience a une existence propre, qu’elle devient elle-même l’objet contraignant dans le désir de l’exécutant d’être un sujet coopérant et efficace. Les exécutants estiment qu’ils agissent pour le bien de la science et ôtent donc toute remise en question de celle-ci, l’objet de la recherche dépasse la plupart d’entre eux ils ne songent pas à poser un questionnement sur celle-ci.
Il est important de constater qu’il y a toute une mise en condition de l’exécutant qui le pousse à agir de la sorte. La victime est dés le début totalement dévalorisée, le fait que l’exécutant ne soit qu’un maillon de la chaîne atténue à ses yeux sa part de responsabilité. Cela rejoint la dynamique de non culpabilité des pilotes de bombardiers qui perpétuent des actes ignobles sans être directement confrontés à eux. Les expérimentateurs comparent sans cesse le sujet aux autres qui l’ont précédé en évoquant qu’ils étaient plus coopératifs, de sorte à créer une forme de rivalité qui force à accomplir au mieux les actes quémandés.
La proximité de la victime
Les exécutants ont horreur de voir souffrir la victime, on constate que le fait de placer la victime hors du champ de vision de l’exécutant augmente le pouvoir de coercition de l’autorité sur lui. Quand la victime est proche, il est difficile de l’exclure de son champ de vision. L’exécutant est cloisonné et enfermé. Si la victime est à côté de lui, il se ligue d’autant plus facilement avec elle contre l’expérimentateur mais c’est l’inverse dans le cas contraire.
Individus dans la société
Les individus instruits ont davantage de culpabilité que les non instruits. Ces derniers évoquent le fait que la victime devait être capable de répondre à ces questions et n’éprouvent aucuns remords quant à leurs agissements. D’après la majorité des tests de soumission, les femmes sont plus malléables par nature que les hommes, nous pouvions donc nous attendre à une plus grande docilité de leur part. Le lieu favorise la crédibilité ou non de l’expérience, si celle-ci se déroulait dans l’université de Yale, de nombreux intervenants admettent qu’ils étaient dépassés par le sujet de l’expérience et ne la mettaient donc jamais en doute. Lorsque les sujets ont le droit de choisir l’intensité de leur châtiment, ils restent en général au niveau le plus faible et sont donc conscients du mal qu’ils perpétuent.
L’expérience de Asch
Asch a voulu prouver qu’une majorité de personnes agissent par conformisme. Bien que les sujets sous-estiment l’influence que le groupe a exercée sur leur action, les résultats prouvent le contraire. Ainsi 6 sujets doivent choisir parmi 3 lignes, celle qui est la plus longue. Les 5 premiers sont complices et choisissent une mauvaise ligne. Lorsque le sixième devra choisir, il optera dans le plupart des cas pour le même choix que les deux précédents. Certains disent avoir cédé à la pression collective. D’autres remettent la faute à l’exigence extérieure. En suivant cet exemple, Milgram adapte son expérimentation et fait en sorte qu’il y ait désormais en plus de l’expérimentateur, de la victime et du sujet, deux autres personnes qui accompagnent le sujet. Arrivés à la moitié de l’expérience, ceux-ci refusent de continuer et partent tour à tour. Le sujet sera dés lors lui aussi tenté d’arrêter, agissant par conformisme, comme si les autres lui rappelaient son devoir moral !
11:40 Publié dans Milgram Stanley | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : soumission à l'autorité, stanley milgram


