24.08.2009

American Gods (Neil Gaiman, 2004)

Un hymne aux divinités oubliées !

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  • Poche: 603 pages
  • Editeur : J'ai lu (17 septembre 2004)
  • Collection : J'ai lu
  • Langue : Français
  • Titre : American Gods
  • Auteur : Neil Gaiman

Ma dernière lecture de Neil Gaiman fût une agréable surprise. De ses romans, c’est sans doute celui qui se veut être le plus référentiel et certainement l’un de ses écrits qui lui a demandé la plus forte implication dans la recherche de documentations que dans toutes autres œuvres qu’il avait déjà pondues avec génie. Qu’a donc cet American Gods de si particulier dans une bibliographie déjà pourtant si riche ? Déjà, Neil Gaiman propose profondément universelle et ouverte à l’altérité. Mais résumons d’abord en quelques lignes le bouquin :

Aux Etats-Unis, Ombre sort de prison et apprend que sa femme est décédée (alors qu’elle faisait une fellation à un autre homme). Désabusé, Ombre erre de bourg en bourg avant de découvrir l’énigmatique voyageur. Celui-ci lui propose un contrat mirobolant en échange de son entière dévotion. Il s’avère que Voyageur est Odin, Odin qui prépare séditieusement le prochain Ragnarök qui le confrontera aux nouveaux dieux américains, rien de bien mythologique car ils ne sont autres que télévision, fast-food etc …

C’est surtout la mythologie scandinave qui est passée au crible par Neil Gaiman. Même si les noms sont changés, la plupart des divinités sont distinctes, on retrouve par exemple Thor et son marteau ainsi que ses yeux qui envoient des éclairs. L’approche de Gaiman est particulièrement intéressante parce qu’il présente des divinités vieilles. Selon lui, c’est la croyance en elles qui les fait exister et leur existence est donc mise en péril par l’oisiveté des croyants. Ainsi, Odin fomente une sorte de nouveau ragnarök pour détruire les fausses divinités qui lui ont volé sa toute puissance et orchestre son propre assassinat de sorte à mobiliser l’ensemble de ses troupes vers une sorte de nouveau jugement final après lequel, toutes ces divinités renaîtront une fois Balder ressuscité. Ici, ce n’est pas vraiment le cas car Balder est absent du récit et les divinités ne mouront pas dans leur totalité.

Toujours est-il que malgré une touche tout à fait gaimanienne (le fait de nommer des choses matérielles et de les incarner, cet amoncellement d’éléments absurdes, des personnages haut en couleur individualistes …) mais le roman se veut beaucoup plus sombre que ce que j’ai eu l’occasion de lire précédemment. Sans doute que Gaiman veut définir sa vision actuel de la société en dépeignant des personnages qui se ressemblent à peu près tous (chacun cherche son bien propre, pas de réels philanthropes, pas de réels salopards), il y a aussi toujours cette touche d’humour bien personnelle qu’il partage avec des écrivains comme Pratchett ! Le fait qu’Ombre sache pertinemment qu’il est supposé se faire fracasser le crâne par le Thor gaimanien car il l’a mis au défi de le battre aux dames (ce qu’il a fait). Il y a bien sûr cette confusion entre fantastique et réalité, fantastique dans la création de certains personnages mais aussi dans la pénétration temporaire dans un univers onirique. Le reste de l’univers est réel, il y a énormément de références à des édifices américains, le Yggdrasil de la mythologie scandinave est remplacé par un édifice se trouvant au centre des Etats-Unis … Si il faut conseiller un livre de Gaiman, ce serait selon moi celui-ci !

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