19.09.2009
Neiges sur Beverly Hills (Marek Kanievska, 1987)
Des nouvelles d'un pionnier de la génération X ! Bret Easton Ellis ...

- Titre : Neiges sur Beverly Hills (Less than Zero)
- Réalisateur : Marek Kanievska
- Adapté de l'oeuvre de : Bret Easton Ellis
- Acteurs : Andrew MacCarthy, Jami Gertz, Robert Downey Jr, James Spader
- Bande originale : Thomas Newman
Alors que je me hasardais à faire quelques découvertes, cela faisait un bout de temps que j’avais laissé de côté mon vieil ami ; Bret Easton Ellis. En effet, l’écrivain d’American Psycho m’avait séduit par son écriture iconoclaste en montrant les tribulations d’un maniaque sans réserves et en passant au vitriol le monde de la publicité via des descriptions qui ressortent plus du catalogue d’Ikéa que d’une écriture littéraire conventionnelle. On s’étonne d'être capable de lire les longues et fastidieuses descriptions de meubles à chaque fois que l’on va déféquer autant que l’on s’étonne de voir que la sauce prend à la lecture d’un American Psycho, l’effet est presque magnétique, hypnotisant … L’écriture est tellement rare et juste, qu’on ne peut chasser cette activité de lecteur boulimique de notre esprit ! Bien que prenant le parti de lire la suite des aventures d’Ellis dans un ordre qui n’est pas celui de la parution des livres, je fus surpris par la lecture de Zombies. Ce n’est pas que le livre m’ait déplu, il y avait toujours cette patte d’Ellis que l’on pouvait ressentir mais les quelques nouvelles évoquant les destins tragiques de personnages tout aussi révulsants ou presque que Bateman, n’a pas eu le même impact sur moi qu’American Psycho. Je crois que l’identification aux personnages ne fonctionnait pas autant que dans le livre susdit. De fait, la qualité d’American Psycho, outre le fait de nous montrer les aléas d’un serial killer, était la capacité d’Ellis de nous faire éprouver un sentiment d’empathie pour son personnage principal. Comme si dans le monde post-reaganien décrit par Ellis; pollué par l’entourage décadent du personnage, la norme était fixée par cet « anti-héros » qui se fait un devoir de détruire la source du mal, les apôtres des nouvelles religions immatérielles (je nomme l’alcool, la drogue etc …). Plus qu’un croquemitaine, Bateman était ce tueur salvateur dans un monde nihiliste. Zombies nous fait épouser le point de vue des critiqués d’American Psycho : les drogués, les violeurs, … Bref, une petite déception alors que mes lectures des livres d’Ellis s’avèrent encore trop maigres que pour cataloguer notre ami.
Résumé de Less than Zero (Marek Kanievska) :
Clay (sorte d’alter-ego de Bret Easton Ellis) est un jeune universitaire à qui la vie sourit. Il reçoit un appel intriguant de Blair qui le somme de revenir. Ils ont une relation au terme de laquelle celle-ci est partie avec leur ami commun de ce trio adultère ; Julyan. Bien que Blair simule un certain désintérêt pour Clay à son arrivée et prétexte vouloir que Clay aide Julyan, elle éprouve toujours des sentiments pour Clay …
Arrive enfin cette petite bombe déclenchée à rebours dans mon paysage audiovisuel, Less than Zero qui s’avère être le premier roman de Bret Easton Ellis que je n’ai pas lu mais dont j’ai vu le film. Bien que traitant d’un sujet qui a déjà fait le succès des livres de nombre d’auteurs subversifs (Poppy Z. Brite, Irvine Welsh, etc …), Less Than Zero se distingue malgré tout dans cette mare littéraire. Premièrement, parce qu’il s’agit d’un premier roman d’un écrivain âgé à peine d’une vingtaine d’années (il l’écrit alors qu’il est toujours aux études …). En ce qui concerne le film, le score est de Thomas Newman qui sait nous envoûter avec une musique très épurée mais efficace. Elle ressemble à de nombreux égards à la BO de Sex, lies and videos de Cliff Martinez. J’aurais d’ailleurs cru au premier abord que la BO était de Martinez, ce qui m’étonne d’autant plus de voir Thomas Newman composer une musique de ce style (à ma plus grande surprise).
Robert Downey Jr propose une prestation remarquable qui n’est pas très éloignée de son propre vécu (le film aura été à cet égard une sorte de prémonition de sa propre existence), Julyan est cocaïnomane et doit à tout prix rembourser son dealer qui est prêt à l’avilir avec des hommes fortunés en faisant de lui un tapineur. La drogue est effectivement le centre de cette histoire. Julyan est renié par sa famille à la suite d’une cure de désintoxication peu fructueuse.
Le jeune Clay est le modèle de la société américaine, beau gosse, cultivé et doué. Il revient dans sa ville natale, la province américaine qui est soumise aux vices de la société américaine, le jeune homme veut partir au plus vite mais son amie Blair réveille en lui sa fibre morale perdue, lui rappelle les devoirs qu’impose l’amitié. Il y a à cet égard, cette scène magnifique (avec le score de Newman : « Rip’s hotel suite ») montrant Clay venant tirer son ami des griffes de la prostitution clandestine et ce plan extraordinaire illustrant Clay de dos dans l’ascenseur avec son ami qui rattrape comme il se peut sa dignité en se rhabillant devant son ami inflexible.

On éprouve de l’empathie pour ce jeune en perdition qui essaie à tout prix de se racheter avant ce final larmoyant rappelant celui de Macadam Cowboy. Les 3 protagonistes fuient leur ville natale, Julyan va reprendre ses études, secondé par Clay. Ils sont tous 3 cheveux au vent dans cette décapotable qui laisse espérer un avenir merveilleux, Blair est rompue de fatigue et s’endort sur le siège avant droit, Clay est concentré et observe la route … C’est lui qui tient les rênes et se demande toujours si il a pris la bonne décision, agit-il ainsi pour Blair ou par conviction personnelle ? Julyan est au milieu, pousse un râle et sombre sur l’épaule de Clay, celui-ci le rejette (montrant après coup, une sorte de regret d’avoir pris Julyan). Julyan est mort, Blair se réveille. Ce mal nécessaire permettra enfin aux deux amants de matérialiser leur amour latent …
23:43 Publié dans Ellis Bret (Easton), Kanievska Marek | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : neiges sur beverly hills, less than zero, bret easton ellis, thomas newman, andrew maccarthy, robert downey jr, james spader, american psycho



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