14.02.2009
Focus : Oscars 2009 des BO
Focus : Oscars 2009 - La meilleure BO
1. Wall E - Thomas Newman
Thomas Newman nous a habitué depuis 2 décénies à nous offrir des BO exceptionnelles. Toutefois, après l'avoir vu participer dans des projets comme Jarhead ou Les sentiers de la perdition aux côtés, on pouvait se demander ce que l'homme serait en mesure d'apporter à un dessin animé. Rares sont les films en 3 dimensions qui arrivent à conçevoir des BO qui puissent égaler les contributions d'Alan Menken et cie dans les films Disney. Nous avions bien des essais consternant comme I like to move it dans Madagascar qui essaient de mêler musique techno "commerciale" au succès si peu légitime aux facéties des 4 animaux évadés. Bref, on s'éloignait depuis un petit temps d'une qualité réelle en matière de musiques pour films de dessins animés. Wall E remet à ce niveau les points sur les "i". Le style de Newman est omniprésent, notamment dans la musique Static. L'oscar de la meilleure BO devrait selon moi, revenir à Thomas Newman cette année !
2. Defiance - James Newton Howard
James Newton Howard signe ici une BO d'un registre dans lequel on est moins habitué à le voir. L'essai est osé car il est difficile d'y retrouver la poésie qu'il avait coutume d'insérer dans ses partitions pour les films de Night Shyamalan. Cette BO fait penser à celles que l'on peut entendre des films asiatiques de Park Chan Wook ou Wong Kar Waï.
3. Slumdog Millionaire - Rahman
Petit vent de fraîcheur. Un compositeur méconnu nous livre une BO des plus intéressantes de part son caractère exotique, elle se veut à la fois un mélange de musiques traditionnelles indiennes et de culture hip-pop hindoux. Le mélange séduit et est convaincant, la nomination est légitime. Toutefois, cette BO ne reprend que des musiques traditionnelles du nord de l'Inde, la musique traditionnelle du sud (carnatique) est-elle boudée ? Ceci constitue selon un point négatif dans le sens où le film se veut être une sorte d'édification tantôt glorieuse du patrimoine indien (Côté carte postale des décors malgré la pauvreté et la crasse qui règnent sur les lieux), tantôt exagérée (Méthodes policières répressives et manipulation du présentateur (ça change de foucault)), la BO ne donne qu'un point de vue strictement moderne de l'Inde et semble évacuer l'aspect traditionnel de la musique indienne.
4. L'Etrange histoire de Benjamin Button - Alexandre Desplat
Elle rappelle les partitions de Danny Elfman pour L'Etrange Noel de Mr. Jack ou Big Fish. Très conventionnelle et discrète. Elle convient parfaitement à ce type dans lequel la musique enrichit le caractère onirique et fantasmatique de l'oeuvre, toutefois de là à la nominer aux Oscars ... Lorsqu'on constate que la BO de Tainted Veil fût boudée il y a 2 ans, on en viendrait à se demander si les qualités cinématographiques de L'Etrange Histoire de Benjamin Button ne viennent pas fausser le jugement sur sa BO, bien en-dessous de ce que Desplat a produit. Il ne s'agit pas d'une BO qui puisse s'écouter indépendamment du film ou bien, cette lecture devra être passive et palliée par une autre activité car on s'ennuie bien vite en l'écoutant.
5. Harvey Milk - Danny Elfman
Pas écoutée. Il s'agit de la BO du prochain film de Gus Van Sant qui sortira au courant du mois de Mars chez nous !
Les oubliés :
Batman : Dark Knight - Hans Zimmer / James Newton Howard
Deuxième collaboration entre deux pontes de la musique de films, ce qui en soit est très rare dans le cinéma contemporain. Ceux-ci prétendent avoir collaboré sur chacunes des musiques du film. On ne peut douter de leur bonne foi, mais il est certain que l'influence d'Hans Zimmer se ressent plutôt dans les jingles du Joker alors que celle de James Newton Howard transparaît plus dans les partitions d'Harvey Dent. Il s'agit d'une BO osée et (c'est le cas de le dire !) originale dans le sens où Hans Zimmer n'hésite à créer des sons stridents et disharmonieux (Why so serious) pour le personnage du joker et ce dés la fin du générique. Outre les compositions du Joker, il est évident que l'on surfe sur des variantes des partitions du premier film (en particuliers en ce qui concerne James Newton Howard). Le caractère de cette BO est toutefois moins naïf et plus éclectique, plus sombre comme en atteste ne serait-ce que le titre du film. Une grande réussite et un score qui ne répond pas pour autant aux standards commerciaux comme on pourrait l'imaginer (à l'instar de celle de L'Etrange histoire de Benjamin Button).
Pride and Glory - Mark Isham
Un peu déçu par le film (bien que fan d'Edward Norton), constatons que la BO est particulièrement réussie. Décidément, Mark Isham est désormais l'un des compositeurs sur lesquels on doit compter. Il réitère une BO qui ne va pas sans rappeler celle de Crash réalisé par Paul Haggis, musique proche d'un style "ambient music", à la fois discrète et mélodique. Une très bonne surprise mais Isham est une nouvelle fois boudé comme en 2005 lors de la sortie de Crash, où on lui avait préféré Les secrets de Brokeback Mountain.
16:45 Publié dans Desplat Alexandre, Elfman Danny, Howard James (Newton), Isham Mark, Newman Thomas, Rahman A. Z., Zimmer Hans | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : james newton howard, a.z. rahman, alexandre desplat, thomas newman, mark isham
27.11.2008
Batman : The Dark Knight (C. Nolan, 2008) - Part 2

La troisième scène introduit Double Face, il est présenté comme un avocat doué mais n’hésite pas à recourir à la violence pour soumettre ses idées. Dans ce cas-ci, il réagit face à une menace mais d’emblée, son caractère est défini comme tel ! Le fait de reposer son choix sur le lancer de pièce est certes impartial mais s’avère en même temps relever du pur hasard et se rapproche du côté irrationnel mais plus démagogique que celui du Joker. C’est aussi une différence notable entre le Joker de Burton et celui de Nolan. Le Joker de Burton était aimé de la population alors que celui-ci fait tout pour l’effrayer.

Bruce Wayne, d’abord introduit en tant que Batman comme héros tout puissant, est ensuite montré en dévoilant ses faiblesses auprès d’Alfred (Michael Caine), ensuite il est réintroduit dans son univers luxuriant auprès de Rachel et Dent. On comprend que leur idylle est finie, Bruce Wayne est alors aux yeux de tous un gai luron qui flambe l’argent de sa famille. Une discussion aborde le sujet de Batman et Wayne s’oppose à celui-ci, c’est Dent qui le défend et s’attire par la même occasion ses faveurs. Même si, somme toutes les 2 personnages Wayne et Dent n’ont rien pour s’entendre …
Enfin survient cette scène dans laquelle le Joker rejoint une réunion de malfaiteurs ! Encore une fois, le personnage est présenté dans une scène qui surenchérit les effets produits sur le spectateur lors de la première scène. Désormais, on sait que les mafieux ont peur de Batman mais que le Joker peut leurs venir en aide pour le vaincre ! Ils en viennent même à oublier le chinois supposé avoir planqué leurs biens, Nolan joue donc excessivement sur le charisme de son antagoniste principal. Il est le seul qui n’hésite jamais et a une conception des choses unidirectionnelle … Même si d’un autre côté, le fait qu’il fasse tout pour qu’on le considère comme un malade ne va pas dans le sens de sa propre conception des choses. Ainsi un dialogue affiche ceci :
Mafieux : « Tu es malade ? »
Joker : « Non, pas du tout … Pas du tout ! »

En fait, ce qui terrifie le spectateur, c’est que le Joker a un but clairement défini mais indicernable. Son projet relève de l’irrationalité même si les moyens mis à sa disposition pour l’accomplir sont quand à eux, tout à fait plausibles et réalistes.
Je ne m’étendrai pas plus sur l’analyse narrative du film pour ne pas spoiler la suite de l’histoire. On peut déjà comme assertion que le Dark Knight s’inspire plus de Batman : The Long Halloween de Loeb et Sale que de celui de Miller ou même de Bob Kane. Le fil rouge de cette histoire est justement la descente progressive de Harvey Dent aux enfers. Cette série retraçait l’enquête de Batman, Gordon et Dent pourchassant un tueur qui ne sévissait que lors du jour d’Halloween. Par ailleurs, cette enquête ne sera jamais résolue, l’aspect intéressant de cette série était que les ennemis principaux de Batman y figuraient.
D’un point de vue musical, Batman : The Dark Knight s’oppose en de nombreux points à Batman Begins. La musique y est plus froide, plus stridente, elle trouverait davantage sa filiation dans un film d’horreur et c’est d’ailleurs l’effet recherché par James Newton Howard et Hans Zimmer, deuxième collaboration inédite des deux monstres de la composition de musiques de films. Ainsi Batman Begins posait des musiques très idylliques, proches de l’irréalisme et empruntes d’une certaine poésie. Celle du Dark Knight est agressive, violente … On peut penser même si les compositeurs ne valident pas ces propos que les parties propres au Joker : Why so serious ?, And I thought my jokes were bad, Chasing cats and dogs appartiendraient davantage au registre d’Hans Zimmer même si elles présentent un caractère assez inédit dans sa musicographie. De fait, on reconnaît directement sa patte dans des BO comme Le dernier Samouraï, Pirate des Caraïbes, Rock … James Newton Howard a à mon avis composé les partitions pour les musiques d’Harvey Dent qui sont plus calmes, plus harmoniques que celles du Joker. Pour celles de Batman, il est difficile de donner un nom particulier car elles alternent entre ces 2 styles définis chez les 2 autres personnages !
Est-ce que le succès de Batman : The Dark Knight est légitime ? Très peu de réalisateurs ont comme Nolan considéré les comics comme une œuvre d’adulte, Nolan aime s’imprégner de la culture dominante du pays dans lequel il s’insère … Précédemment, il avait adapté Le Prestige de Christopher Priest (Une adaptation qui peut d’ailleurs se vanter d’être particulièrement réussie et qui fera peut-être l’objet d’un prochain article) et maintenant, il s’attaque au mythe de Batman qui avait déjà enthousiasmé les foules avec la version de Burton. Désormais, Batman est représenté à l’écran à travers ses multiples facettes et non selon l’unidimensionnalité restrictive du simple vengeur masqué !
Trailer : http://www.youtube.com/watch?v=6UBP2nXtRRo
13:56 Publié dans Howard James (Newton), Nolan Christopher, Zimmer Hans | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : double face, joker, burton, nolan, bruce wayne, michael caine, bob kane


