13.08.2009

Walking Dead (Robert Kirkman/Tony Moore, 2007)

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  • Cartonné: 142 pages
  • Editeur : Delcourt (6 juin 2007)
  • Langue : Français
  • Titre : Walking Dead
  • Scénariste : Robert Kirkman
  • Dessinateur : Tony Moore

Il y a de ces histoires dont on attend beaucoup et qui se révèlent être d’énormes déceptions. Attendre le joyau et récolter le commun amène toujours des désillusions. Il arrive que l’inverse se produise, que l’on lise une quatrième de couverture en se disant : « Encore ce sujet ?! ». On referme le livre en attendant que vienne le jour où nous n’aurons rien à faire, The Walking Dead est cette surprise. Ce comic-book qui reprend un thème extrêmement prisé mais en y apportant sans cesse son lot de complexités, les scénaristes ne se complaisent pas dans la nonchalance en puisant des effets de style dans un vivier déjà fort riche … Non, le sujet des morts-vivants remis au goût du jour par Danny Boyle, semblait désormais se tarir. Tout ce qui touchait de près ou de loin semblait désormais voué à l’échec, suscitant la désillusion des fans les plus hardus. Même Roméro, le père du genre, semblait ne plus pouvoir réveiller un genre malgré qu’il ait lui-même produit son dernier fleuron. Désormais, on ne parle plus de morts-vivants, on traite du sujet par détour, on ne l’évoque plus directement. Les morts-vivants deviennent des infectés (28 jours plus tard) ou ne sont tout simplement plus mentionnés (Rec). Tout cela parce que simplement, le mort-vivant fait partie désormais de l’inconscient collectif.

 

Tout ceci pour dire que malgré son héritage populaire, le récit de mort-vivant devient un genre qu’il est difficile de dépoussiérer. Ce que font Kirkman et Moore est tout à fait remarquable car ils reviennent à un style tout à fait classique proche de La nuit des morts vivants, une poignée de résistants sont confrontés à des hordes de zombies mais c’est issu la dimension sociale qui s’avère être digne des meilleurs Roméro. Outre les divergences qui dissolvent l’esprit de groupe et font naître des tensions, le récit présent est presque sartrien, renvoyant sans cesse le dicton : « L’enfer, c’est les autres ! » à notre esprit. The Walking Dead apporte son lot de nouveautés, et opte pour une démarche sérieuse du genre, ici pas d’humour à la Shaun of the dead. L’ennemi ne court pas, les protagonistes se frictionnent la peau de déchets des cadavres pourrissants pour dissimuler leur odeur d’humains. Il y a aussi la remise en question de l’éducation des enfants, faut-il sacrifier l’innocence pour la remplacer par un esprit de survie qui fait d’eux des êtres insensibles ? Bref, il y a plusieurs nouvelles pistes ouvertes par ce comic-book qui méritaient franchement d’être abordées et non pas éludées ou étudiées en surface dans nombre de films. Une très chouette surprise, à recommander !!!