15.02.2009
La route (Cormac MacCarthy, 2007)
La route, la réponse à No Country For Old Men

Cormac MacCarthy est un écrivain américain qui a vécu toute son enfance dans le Texas, cet état l'influencera profondément ses oeuvres dans lesquelles les êtres humains se voient toujours opposés dans un univers vaste chargé de possibilités mais qui laisse plus souvent germer le mal que le bien. La route s'oppose à No country for old men (dont les frères Coen réaliseront un film qui reçevra quelques oscars en 2008) sur ce point, ici le monde n'est plus chargé de possibles, nous sommes dans un monde post-apocalyptique où un père cherche à éduquer envers et contre tout son fils. Contrairement au film La vie est belle (Roberto Benigni), rien n'est fait pour épargner le petit garçon. Son père doit faire face à la séparation impromptue avec sa femme et se charger dans un même temps de l'éducation involontairement spartiate.
Cet enfant, sorte de survivance d'humanité, dans un monde qui n'y laisse plus aucune place, cherchera en vain le contact avec les autres. Mais son père, est à juste titre profondément méfiant et évitera un maximum les êtres humains, ceux-ci étant devenus pour la plupart des cannibales. C'est donc un écrit à la fois désepérant et criant de réalité qui nous éveille sur le problème contemporain du manque de communication ! Le récit est extrêmement dur car il nous fait épouser le regard juvénile d'un enfant qui observe un monde de désolation jonché de cadavres, de maisons à l'abandon, ... Il évoque aussi un message remarquable sur la paternité d'un père qui fait l'impossible pour sauver son fils (lui offrant allègrement sa part de pommes ou sa couverture), c'est sa propre vie qu'il met en jeu constamment lorsqu'il accepte de secourir certaines personnes pour garder l'estime de son fils.
Toutefois, La route est plus optimiste que No country for old men dans lequel tous les protagonistes qui gravitent autour de Chigurh finissent par abandonner la poursuite de celui-ci. Il finit d'ailleurs par corrompre l'enfance (image de pureté chère à Cormac MacCarthy) en donnant de
l'argent en échange du silence de deux enfants, s'ensuit une dispute entre ceux-ci quant au partage de cet argent. La route est définitivement un livre à tendance humaniste qui voit toujours les personnages en proie dans la recherche et la fuite de l'autre. Le plus déconcertant est que l'on ne peut pas être indigné par le fait que l'être humain chasse son prochain étant donné qu'il devient l'unique source de survie pour sa propre existence, on en revient donc à une logique purement darwinienne et individualiste que seul l'enfant, de part son innocence, souhaite rompre ! Le roman s'érige aussi comme une sorte d'anti-Mad Max, montrant deux individus fuyant le conflit et le contact.
Un extrait significatif du livre :
Tu veux que je te raconte une histoire ?
Non.
Pourquoi pas ?
Le petit le regarda puis détourna les yeux.
Pourquoi pas ?
Ce ne sont pas des histoires vraies.
Ca n'a pas besoin d'être des histoires vraies. Ce sont des histoires.
Oui. Mais dans les histoires on aide toujours quelqu'un et nous on aide personne.
Pourquoi tu ne racontes pas toi-même une histoire ?
Je n'en ai pas envie.
D'accord.
Je n'ai pas d'histoires à raconter.
Tu pourrais me raconter une histoire sur toi.
Les histoires sur moi tu les connais déjà toutes. Tu étais là.
Il y a des histoires au fond de toi dont je ne sais rien.
Tu veux dire quelque chose comme des rêves ?
Comme des rêves. Ou simplement des choses auxquelles tu penses. Ouais, mais en général les histoires sont des histoires qui finissent bien.
Pas forcément.
Toi, tu racontes toujours des histoires qui finissent bien.
Tu n'as pas d'histoires qui finissent bien ?
Elles sont plutôt comme la vraie vie.
Mais mes histoires à moi ne le sont pas.
Tes histoires à toi ne le sont pas. Non.
What's up ?
Une adaptation est en cours par John Hillcoat. Le casting désigne Viggo Mortensen dans le rôle du père, et Charlize Theron (Monster) dans le rôle de "l'enfant" ? et encore Guy Pearce (Memento)
Première image du film qui sortira "prochainement" :

23:16 Publié dans MacCarthy Cormac | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cormac maccarthy, la route, no country for old men, frères coen, roberto benigni, mad max, john hillcoat


